mercredi 13 septembre 2017

Il y a celles qui mangent leurs émotions, et celles qui ne mangent rien du tout

Bonjour à tou.s.te.s ! 

(je m'essaie à l'écriture inclusive alleeeez ! XD)

Pfiou... des mois d'absence, des mois à m'être complètement détachée de la blogosphère, pour mener à bien d'autres projets, mais aussi parce-que j'avais besoin d'espace.
L'envie de revenir me titille de plus en plus. Je vais donc aborder aujourd'hui le sujet de l'acceptation de soi, et surtout les diktats de la minceur, à travers ma propre expérience. Pardon si l'article n'est pas magnifiquement écrit mais il est minuit et le sommeil commence à venir :-)

Je vais donc parler de troubles alimentaires, mais pas que. Je n'ai pas personnellement connu l'anorexie et préfère ne pas donner de conseils à des personnes en souffrance.

Quand j'avais 14 ans, j'étais un peu "ronde" (59 kg pour 1m65 quel drame !), mais je n'ai jamais atteint le stade tant redouté du "surpoids". Pourtant, quand je me regardais dans la glace, je me dégoûtais. Je n'arrivais par ailleurs pas à m'empêcher de "m'empiffrer". Ma relation à la nourriture a toujours été compliquée : petite, mes parents riaient en me voyant me servir. J'avais les yeux plus gros que le ventre, je faisais des réserves, j'avais peur de manquer. Cette attitude face à la nourriture a duré, et à quatorze ans, lasse de me sentir coupable à chaque fois que je mangeais un peu trop et que je me sentais "pleine", j'ai commencé à me faire vomir.
La première fois m'a paru tellement simple... C'était désagréable sur le coup, mais cela me donnait une sensation de contrôle, remettait les compteurs à zéro, je me sentais bien.
J'ai recommencé pendant quelques semaines, ou quelques mois (impossible de le dire). Presque tous les jours. De temps en temps, je le faisais pour soulager mon anxiété. ça fonctionnait... Pour un temps seulement. Je n'ai même pas perdu de poids à cette période.

Quand j'ai eu 16 ans, j'ai commencé à moins manger à la suite d'une période de stress (voir l'article sur la question) et j'ai perdu 5 kg. Je me suis stabilisée à 54-55 kg pendant quelques mois, et n'ai pas recommencé à vomir.

A 18 ans, cependant, et sans aucun signe avant coureur, tout a recommencé. A l'époque, ma meilleure amie (que je ne fréquente plus aujourd'hui) et moi étions éternellement "en compétition". A qui aurait les meilleures notes, à qui séduirait untel la première... A qui perdrait le plus de poids. J'ignore qui a réellement instauré cette compétition, mais si l'une faisait quelque-chose, l'autre se sentait obligée de surpasser la première, en tout cas c'est ce que je ressentais. Donc quand nous avons commencé à aller à la piscine ensemble, toutes les semaines, et à "faire un régime", je voulais absolument atteindre un certain objectif de poids pour "faire mieux qu'elle" (complètement stupide : 49 kg pour 1m69 !)

Bref, j'ai commencé à jeter les 2/3 de mes salades de pâtes du midi (désolée maman), je ne mangeais plus qu'un ou deux repas par jour et hypocalorique, et forcément la perte de poids a été assez significative : au plus bas, 52,5 kg pour 1m69. Ci-dessous je devais être à 53 :


Je ne suis pas forcément extrêmement maigre sur la photo, mais dans les faits, je commençais à - par rapport à ma morphologie - devenir "trop mince" avec un IMC à 18 et le pire, c'est que je me trouvais obèse. Heureusement, ma mère m'a dit "stop" alors que je semblais commencer doucement à me diriger vers le chemin de l'anorexie sans m'en rendre compte. Des membres de ma famille m'ont dit d'arrêter de perdre du poids, ma mère s'est mise à contrôler ce que je mangeais, et j'ai repris quelques kilogrammes.

Tout récemment, je faisais 60,5 kg pour 1m69 et j'ai voulu recommencer à maigrir un peu. Je ne sais même plus comment, ni pourquoi - sûrement du stress, à la suite d'une période de déprime en début d'année - mais j'ai recommencé à me faire vomir. J'avais des crises de boulimie incontrôlables : envie de manger tout et n'importe quoi, mains qui tremblent, énervement contre quiconque oserait m'empêcher de m'empiffrer... Je suis allée jusqu'à insulter ma famille dès lors qu'elle osait la moindre remarque du style "fais attention, tu manges trop". A la suite de problèmes de coeur vers mai-juin, ces crises et ces vomissements à répétition devenaient pour moi une manière de me purger, d'effacer la peine que je ressentais.

Aujourd'hui, je fais 55 kg et je crois que j'ai - tout juste - commencé à comprendre ce qui n'allait pas.


ça, c'était pour la partie "racontage de vie". J'ai compris, seulement récemment, l'impact des médias sur notre image. Mais aussi l'impact des - trop nombreuses - vidéos de bouffe, la plupart du temps bien grasse, qui pullulent sur les réseaux sociaux. J'ai compris qu'avoir un peu de ventre, c'était normal. Parce-qu'on est pas juste de la peau à l'extérieur : à l'intérieur, on a des organes, des os, bref tout ce qui fait qu'un corps fonctionne. Parce-que faire une taille 32 ce n'est pas - toujours - sain. Et que chacun a un "poids de forme" et un métabolisme qui lui est propre : aller à l'encontre de ce qui représente pour NOUS-MÊME et uniquement pour nous NOTRE normalité, ça ce n'est pas sain.

Ma normalité à moi ce n'est pas de faire 52 kg ou moins : c'est d'en faire entre 55 et 58, de manger du fromage une fois par jour, de ne pas faire de sport parce-que "la flemme", de me coucher à 2h et de me lever à midi. Et je suis heureuse comme ça, plus heureuse que je ne l'ai été depuis longtemps... Je ne veux plus perdre, je ne veux plus compter les calories, remettre le doigt au fond de ma gorge et me faire mal, ressentir le goût de la bile et celui de la honte après avoir vomi.

Ces derniers mois, j'ai recommencé à m'alimenter correctement : j'ai commencé par me désabonner des pages type Tasty, Tasty Miam, Proper Tasty et compagnie, puis des comptes foodporn et fitness sur Instagram. J'ai commencé à boire beaucoup d'eau (un peu trop *wink à quelqu'un qui se reconnaîtra*). J'ai commencé à manger plus varié, à cuisiner à nouveau, et ce sans jamais me priver. Parce-que si j'ai envie d'un kebab, je mange un kebab. Merde.

Certains disent que suivre des comptes fitness, des comptes de filles "parfaites", etc. c'est "motivant". Moi, ça m'a poussée au fond du gouffre, et je n'ai pu m'en relever qu'en reconsidérant ce qui était la "normalité", en m'éloignant des réseaux sociaux pendant quelques temps ou du moins de certains comptes, et en arrêtant de faire la chasse aux calories. J'ai pour cela pu bénéficier de l'aide de quelqu'un, une psychologue, et je me remercie d'avoir fait ce geste. 

Je voulais, à travers cet article, mettre l'accent sur le lien entre boulimie / addiction alimentaire et réseaux sociaux. J'ai moins de crises depuis que je me suis éloignée de ces comptes "toxiques". J'ai encore des fringales, évidemment, des moments où ça ne va pas du tout parce-que je n'ai pas ma "dose" de nourriture, mais ça reste gérable.

N'hésitez pas à me faire part de vos expériences. Avez-vous connu un trouble alimentaire ? Comment vous en êtes vous sorti.e.s? Avez-vous remarqué un lien entre les images que vous voyez sur les réseaux sociaux et votre manière de vous alimenter ?

A très bientôt (enfin... si j'arrive à me discipliner)

dimanche 11 juin 2017

J'ai testé : le livre photo Saal Digital

Bonjour à toutes !



Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler de la marque Saal Digital, une marque allemande qui propose de nombreux produits photos (livres, cadres, toiles photos, mugs...). Vous avez peut-être déjà vu des posts sponsorisés sur les réseaux sociaux : c'est comme ça que j'ai eu l'occasion de tester les livres photos, la marque m'ayant envoyé un bon d'achat. Cet article est donc un partenariat, mais sachez que je reste fidèle à moi-même, et que je donnerai mon avis en toute honnêteté.

(Ah et petit souci pour changer, j'ai des tremblements et n'ai pas réussi à faire des photos très nettes, toutes mes excuses)

Premièrement, chose appréciable, la marque ne m'a aucunement demandé d'écrire un article positif à son sujet. Le deal était tout simplement de parler de l'article reçu et de donner mon avis. Bref, c'est parti :-) (bon sang, ça fait longtemps que je n'ai pas publié sur ce blog et j'ai l'impression d'être rouillée !)


Mon choix

J'ai choisi le format 21x28 cm portrait. Au début, je voulais faire une sorte de "book" photo avec les photos dont j'étais la plus fière. Et puis j'ai réalisé qu'en règle générale, je ne prenais quasiment que des photos en macro avec mon appareil classique. Du coup, j'ai fouillé du côté des photos de voyage et ai décidé de faire imprimer mes photos d'Andalousie, prises avec mon téléphone mais dont je suis tout de même plutôt satisfaite/


La création

Tout se passe sur un logiciel que vous devez télécharger sur PC, tout comme Monalbumphoto.fr. Vous commencez par sélectionner le produit que vous désirez créer, son format, avant de vous concentrer sur les détails : couverture molletonnée ? Texture des pages ? Brillant ou mat ? Avec ou sans code barres ? Le nombre de pages ? Etc. J'ai choisi la version 34 pages, avec papier mat et sans code barres, soit environ 36 euros.

Le logiciel est relativement facile à utiliser et intuitif, il faut prendre le coup de main mais les possibilités de personnalisation sont nombreuses. J'ai choisi pour ma part de partir sur un modèle vierge et de le créer de toutes pièces en disposant les photos selon mes goûts. 


Une fois le produit terminé, vous cliquez sur "ajouter au panier" et c'est parti pour quelques longues minutes d'attente (je dirais 10 minutes pour une trentaine de pages) le temps que les données du logiciel soient transmises au site et que la commande soit enregistrée.

Le résultat

Une excellente surprise, clairement. J'ai testé les livres photos de Monalbumphoto.fr (sublime mais pages un peu fines), et de Photobox (qualité correcte sans plus). Saal digital propose un produit vraiment pro, et je dis ça en toute honnêteté. Les pages sont épaisses, gages de qualité, les finitions et la qualité d'impression sont parfaites.

Certains livres photos imposent une marge d'impression d'1 cm environ, sur laquelle on ne peut pas placer nos photos (j'espère m'exprimer clairement !) Ce n'est pas le cas ici : 

Flouuuuuu !

Ici, aucun "blanc" entre les pages, on peut sans aucun souci faire dépasser un texte sur la page suivante comme vous pouvez le constater.

J'ai visé un peu haut pour la taille de la police de la tranche mais trouve quand même le résultat très sympa !


En conclusion, je suis amplement satisfaite de mon livre photo. La qualité d'impression est bonne, les possibilités de personnalisation nombreuses et le prix intéressant, en comparaison avec les autres sites de produits photos. Je pense en commander un autre dans quelques mois pour me faire un vrai "book" (pour l'école de journalisme)

Une amélioration du traitement des commandes serait extra cependant (le temps de "chargement" de la commande sur le site est un peu long, cela dit, la livraison en 3 jours ouvrés est un vrai plus). En revanche, pour le reste, rien à redire !

Et vous, vous connaissez ce site ? Si oui, qu'en pensez-vous?

A très bientôt,

mardi 6 juin 2017

Du changement, du changement, du changement

Bonjour à toutes,


Il est 1h06 et je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu tout à coup l'envie irrépressible de publier quelque-chose. Me voilà, donc, avec des nouvelles, et la promesse de publier à nouveau plus ou moins régulièrement ! 

Fin octobre, j'ai quasiment abandonné le blog (pas que le blog d'ailleurs) avec la seule explication que j'allais mal. De façon indescriptible. Je ne savais pas quoi faire de ma vie, j'avais l'impression d'en être simple spectatrice, je "stagnais" et je n'arrivais pas à faire face à mes responsabilités.

On écoute quoi ?
On avance, petit à petit

Tout n'est pas réglé. Mais il y a eu depuis énormément de changements dans ma vie, sur le plan professionnel comme sur le plan privé. Parmi les gros changements :

- J'ai eu ma licence, je suis officiellement bac +3 et j'ai encore du mal à m'y habituer ! Félicitations à tous ceux qui ont eu aussi ce plaisir et bon courage à ceux qui travaillent ou ont encore des examens à passer :-)
- Je suis revenue à mes vieilles affinités, et ai décidé de me tourner vers le journalisme après une année sabbatique en service civique. L'année prochaine sera donc riche en nouvelles expériences et rencontres, je l'espère.
- J'ai fait du tri dans ma vie (et ai parfois été simplement "triée", m'enfin...). Je ne fréquente plus certaines personnes toxiques et ai rencontré des gens formidables avec qui j'ai passé une excellente année ! S'ils se perdent sur mon blog, merci au chinois, au faux-roux, à la gauchiasse et Mav, à Maxime, et à tous les autres, vous ne pouvez pas imaginer combien votre présence m'a aidée à supporter ces études merdiques ! Je ne vous montrerai jamais assez de gratitude.
-J'ai commencé (et cette fois j'y crois !) un rééquilibrage alimentaire, j'ai repris le sport et vais faire en sorte de lutter contre mon addiction à la nourriture. Je n'ai pris pas moins de 5 kg cette année et dois donc en perdre 7. Je me contenterai de 3 à court terme.
-J'ai accepté l'échec, et apprends à aller de l'avant.

Un nouveau format ?

L'envie de tout changer ne m'a pas quittée. Et ça passera aussi par des changements sur le blog : j'ai envie d'aborder de nouveaux thèmes, de changer ma manière de parler des choses, de trouver le ton qui me correspond. Les articles beauté seront ainsi réorganisés, "étalés" sur plusieurs semaines avec entre temps d'autres types d'articles : culture, voyages, billets d'humeur, etc. Toutes ces petites choses auxquelles je pense parfois seule, je les publierai, si bien sûr il y a matière à faire un article.

Je vous partage quelques idées d'articles :

-Des recettes de cuisine que j'ai inventées ou adaptées
-Des articles culturels : reprise de ma rubrique "7 films pour" avec des sélections cinéma, littérature, musique, etc. A la hauteur de mes moyens : je vais au cinéma de façon très variable, entre 1 et 5 fois par mois, en ce moment presque jamais.
-Des réflexions politiques (le désenchantement de la jeunesse par rapport à la politique, le "vote utile", etc.) tout en gardant une certaine neutralité qui je pense est importante, chacun ayant sa propre opinion.
-Des articles voyages (je dois encore vous parler de Tarragone !)

***

Tous ces changements interviendront petit à petit, pour commencer je dois complètement changer mon blog (pas le design, qui me plaît toujours, mais les libellés entre autres)

J'espère de tout coeur retrouver quelques lecteurs/trices qui n'ont pas cessé de me suivre malgré mon inactivité ! 


Je vous dis à bientôt pour un nouveau chapitre de "l'histoire" ce blog ! (pfiou, 3 ans déjà !)

Des bisous,

dimanche 19 février 2017

Ode à la spontanéité... culinaire !

Bonjour à toutes,

Source : Pinterest.

Vraiment de retour cette fois ! ça fait quelques temps déjà que je songe à vraiment me remettre à bloguer, pas nécessairement deux fois par semaine mais régulièrement... Il y aura cependant quelques petites modifications sur mon blog : en effet, je me lasse des articles "beauté" classiques. J'ai envie de parler d'autre chose, de me lancer dans de nouveaux thèmes... De m'exprimer ! Ouvrons ce nouveau chapitre avec un thème qui me tient à coeur... La spontanéité, dans nos assiettes comme dans la vie.

Le mal du siècle

J'ai observé ces derniers temps une chose qui me fait hérisser les poils : le manque de spontanéité, qui semble augmenter d'années en années. C'est probablement notre époque qui veut ça, et je ne veux surtout pas faire de généralités dans cet article, mais de plus en plus de personnes ont peur d'entreprendre, et ça se remarque dans la vie de tous les jours comme en cuisine, et c'est cet aspect que j'ai voulu aborder.

Dernièrement, je dînais chez des amis qui sont d'excellents cuisiniers mais qui ont besoin de suivre "la voie de quelqu'un d'autre" à travers des explications claires et précises, et je me faisais la réflexion suivante : pourquoi toujours suivre une recette ? Pourquoi se sentir obligé de vérifier la recette des pâtes Carbonara, des lasagnes, du poulet rôti ou de tout autre plat avant de se lancer?


Je me faisais à nouveau cette réflexion en voyant des pubs d'aide à la cuisine : robots ménagers, "mélanges parfaits" d'épices, etc. Quand on a une famille nombreuse et peu de temps pour cuisiner, ça peut être utile, soit. Mais quand on est seul, qu'on a du temps devant soi, quel intérêt de s'encombrer de tout ça, à part de dépenser son argent et de perdre tout plaisir à la tâche ?

J'ai commencé à vraiment aimer cuisiner il y a quelques mois. Avant, ça m'arrivait ponctuellement de me lancer dans une recette. Maintenant, j'adore manier les différents ingrédients et inventer de nouvelles choses... Mais je ne suis presque plus de recettes. Les recettes manquent souvent de goût, d'originalité. J'aime bien faire tout "à l'oeil". J'adore manier les épices, sentir la pâte sous mes doigts, corriger mes erreurs, improviser. Rien n'est jamais pareil. Alors oui, je ne suis peut-être pas la meilleure du monde en cuisine, mais j'adore innover.

Une fois qu'on maîtrise les principaux "trucs" en cuisine (il ne faut pas partir de zéro, c'est certain) comme les modes de cuissons, l'intensité des plaques (le bain-marie, faire cuire des pâtes, du riz, des légumes ou des viandes par exemple), ou encore les ingrédients de base d'un gâteau, la texture qu'une pâte devrait avoir, etc... on n'a en principe plus besoin de recette ou du moins pas de recette précise - simplement des inspirations (sauf pour la pâtisserie qui elle demande des talents particuliers et de la patience que je n'ai malheureusement pas!)


La cuisine, c'est avant tout un plaisir : se tromper fait partie du processus. On fait tous des erreurs, et rater un plat ou un dessert n'est pas une fatalité. Ceci vaut aussi pour les erreurs autres que culinaires. Quelle importance de rater quelque-chose dans sa vie, de se tromper, de se perdre en chemin, d'improviser ? La vie est trop courte pour passer son temps à suivre des règles. Se détacher de ces règles apporte un grand bonheur et une réelle sensation de liberté.

La cuisine, la route, les voyages... Je fais un drôle de parallèle, peut-être, mais il semble que les personnes de mon entourage qui sont les moins capables d'innover en cuisine sont aussi celles qui se posent le plus de questions avant de prendre la moindre décision et qui se sentent obligées de tout programmer, de tout maîtriser : les mêmes qui font un itinéraire de voyage heure par heure avant le grand départ en vacances et qui stressent dès que les choses ne se passent pas exactement comme prévu. J'ai vu des gens, par peur de l'à peu près, cuisiner avec une balance ultra précise pour des gâteaux basiques, paniquer dès que la pâte n'avait pas parfaitement la consistance attendue, peser les épices. Les épices ! Ce n'est pas un mal en soit... Mais c'est bien dommage, non ?

Après bien sûr, si vous n'aimez pas cuisiner... C'est un autre "problème", et je peux comprendre. Mais plutôt que d'avoir peur, mieux vaut se lancer, et c'est comme ça pour tout ! N'ayons pas peur de l'échec, sachons nous libérer des diktats de la société, nous éloigner des recettes pour apprendre à entreprendre des choses nouvelles.


Et vous, vous êtes du genre à suivre la recette au milligramme près, ou à vous lancer tête baissée dans l'aventure ? N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :-)


A très bientôt,

mercredi 15 février 2017

Comment écrire un best-seller ? US vs FR


Vous avez toujours voulu vous lancer, mais vous ne savez pas par où commencer pour vous assurer le succès ? Guide pas à pas !

1/ Trouver le titre qui va se vendre.

Les Américains préféreront un seul mot, si possible un mot qui n'a absolument rien à voir avec le thème abordé dans le roman. Il est important de trouver votre titre avant de commencer la rédaction. Des exemples : Résurrection, Pachyderme, Réminiscence, Ornithorynque...

Les Français, eux, privilégieront un titre à rallonge, qui semble avoir été trouvé après avoir mélangé codéine et THC. Exemples : L'odeur de la pluie sur les carreaux de la maison de ma campagne ardéchoise, L'hymne aux bicéphales, La concupiscence de l'éternel absent...


2/ Une histoire accrocheuse.

Si vous comptez vous faire publier dans une grande maison d'édition américaine, il y a deux recettes qui fonctionnent : le mommy porn (avec toujours un homme riche et torturé et une jeune vierge effarouchée) ou la bit-lit (avec toujours un vampire riche et torturé et une jeune vierge effarouchée). On ne change pas une équipe qui gagne.

Les maisons d'édition françaises, en revanche, vont privilégier les fictions qui évoque des thèmes  profonds mais habituellement délaissés par la littérature : le long chemin d'un crapaud de la route au ruisseau, l'envolée d'un scarabée, les souvenirs du grand-père du parrain du cousin germain de votre beau-frère lorsqu'il a pêché une carpe dans la rivière en bas de chez lui, etc.

3/ Ce petit détail qui change tout.

Aux US, l'idéal est d'ajouter à votre histoire un triangle amoureux. Mais attention, pas de tromperie dans l'air, hein ! Veillez donc à inclure au moins un baiser avec le nouvel élu de son coeur, mais certainement pas plus. On ne va pas se mettre les WASPs à dos... 

En France, donnez de l'importance à un objet qui n'en a pas. Si vous parlez des souvenirs du grand-père du parrain du cousin germain de votre beau-frère, par exemple, veillez à évoquer son affection pour la cage de son cochon d'Inde, qui lui rappelle tant de doux moments passés en sa compagnie, ou son émotion au souvenir du parfum des fraises des bois qu'il cueillait dans la forêt le dimanche soir en allant chasser le sanglier.


4/ Ces petits mots qui vont vous faire atteindre le million.

Si vous publiez aux US, privilégiez les descriptions de votre protagoniste "à la grecque". Usez et abusez du torse marmoréen, de la peau translucide, des yeux de velours, des mains douces mais puissantes, etc. Donnez l'impression que vous décrivez une statue grecque. Les statues grecques semblent avoir la clé du coeur de milliers d'adolescentes américaines.

En France, faîtes jouer vos sens. Parlez des odeurs, des couleurs. Utilisez des mots compliqués (sans ajouter de petite note de l'éditeur). Parlez psychanalyse, complexe d’œdipe, désirs inexpliqués et inexplicables de bains de minuit, bref, innovez.


5/ Un défaut ?

Oui ! Aux US, le personnage doit être parfait sans l'être. Il faut lui trouver "le petit défaut" qui fera frétiller vos lectrices. Si c'est un homme que vous décrivez, parlez de la petite bosse qu'il a sur le nez, de ses yeux légèrement rapprochés (pas écartés hein, sinon on va croire qu'il a le syndrome d'alcoolisme foetal !), ou encore de la petite coupure qu'il s'est faîte au menton en se rasant ce matin. Bref, des défauts qui n'en sont pas vraiment, mais qui rendront votre héros plus crédible aux yeux de vos lecteurs.

En France, vous pouvez tout vous permettre : votre protagoniste peut être violent, harcelant, avoir un nez en forme de poignée de porte, la tête d'Elephant Man, les pieds plats, aimer le Triomino ou péter au lit... Faîtes jouer votre imagination !

6/ La couverture.

Eh oui, cet aspect est à réfléchir longuement ! Facile, aux US, ils vous suffira de prendre en photo un dé à coudre, une bague ou la flamme d'une bougie, de flouter un peu et de mettre l'objet sur fond noir avec le titre en blanc.

En France, il faudra vous armer de patience pour faire "la" photo poétique. Le choix, cela dit, ne manque pas. Prenez en photo un arrosoir, des géraniums, des pommes tombées de l'arbre, une cabane de jardin, un tuyau d'arrosage ou encore un chat en train de faire sa toilette. Un rayon du soleil doit percer pile au centre de l'objet photographié, sinon votre livre ne se vendra pas. Restez sobre pour le titre avec un bon Times New Roman dont l'efficacité n'est plus à prouver.


7/ Les goûts de vos protagonistes.

Aux US, votre héroïne sera forcément fan de littérature anglaise, mais quand je dis anglaise, c'est britannique. Ne citez pas H.D Thoreau, Salinger, Nabokov ou Walt Whitman, mais plutôt les soeurs Brontë, Arthur Conan Doyle ou Jane Austen. Elle a lu, à 17 ans, tous les sonnets de Shakespeare, et relit les Hauts de Hurlevent chaque soir dans son lit avec la Nocturne opus 9 n°2 de Chopin qui tourne en boucle sur sa platine vinyle.

En France, pensez cinéma d'auteur, tisanes de camomille et "bons vieux livres" aux pages cornées, au coin du feu. Vous pouvez également citer des philosophes inconnus, aborder des questions métaphysiques, chercher le "pourquoi du comment".

8/ Le sexe.

Aux US, oui mais... Point trop n'en faut ! Les sentiments doivent se développer rapidement, sinon, vos lecteurs vont croire que vos personnages sont des libertins et ce sera une véritable catastrophe commerciale ! Ne parlez ni des couples mixtes, ni des homosexuels, bouh, c'est trop choquant. Ou alors intégrez à votre histoire un meilleur ami gay qui sera important-mais-pas-trop.

En France, pas de limites. Hétéro, gay, lesbien, de groupe, avec des animaux, des objets, des légumes, tout passe, reste plus qu'à aller au bout de vos fantasmes ! (du moment que vous n'oubliez pas le pr... le pré... le... petit capuchon de caoutchouc.)


9/ Les lieux.

Aux US, il faut trouver l'indispensable "petite bourgade où rien ne se passe" afin de s'assurer que l'arrivée de nouveaux venus ne passe pas inaperçue. Choisissez l'Etat de votre choix, pourvu qu'il fasse soit trop chaud, soit trop froid, soit trop humide. Une petite ville de l'Etat du Michigan, c'est parfait. Le roman doit commencer par l'arrivée du nouveau venu au lycée, et se terminer par le traditionnel bal de promo.

En France, ça se passe soit à Paris (avec au moins une scène dans ce "petit restaurant intimiste où l'on connaît le chef et où la carte propose des ingrédients locaux rigoureusement sélectionnés") soit dans la campagne profonde. Si vous optez pour cette dernière, n'oubliez pas de mentionner le fermier du coin qui part à mobylette vendre son fromage et ses œufs dans le village d'à côté, sinon les éditeurs parisiens le mettront immédiatement en haut de la pile des manuscrits à brûler.


10/ Les remerciements.

Aux US, il faut leur consacrer deux pages au minimum. Remerciez d'abord votre agent, votre éditrice, les amies de votre éditrice avec lesquelles vous êtes allée bruncher dimanche, vos parents, vos frères et soeurs, vos enfants, votre mari, votre maîtresse d'école de CP, vos poissons rouges, le vendeur de l'animalerie où vous êtes allée les chercher, le serveur du Starbucks qui a bien orthographié votre prénom la semaine dernière, Cyril Hanouna, et surtout trouvez un endroit où placer le mot "infiniment". 

En France, terminez le roman par une phrase un peu mystérieuse qui fera office de remerciements généraux. Exemple : "Je vous dois tout." (sans préciser si vous parlez de vos lecteurs ou de vos huissiers). C'est suffisamment mystérieux pour que votre lectorat se sente concerné.


Voilà, avec ça vous devriez y arriver ! N'hésitez pas à me dire si l'article vous a plu et vous a fait rire :-) Le but n'est pas de me moquer mais de rire des principaux clichés qui entourent les best-sellers français et américains, selon moi... Et vous, comment les voyez vous?

A très bientôt,

PS : Je remercie ma mère, le chauffeur de bus de la TCAR qui me dit bonjour à chaque fois, mon maître d'école de CM2 pour avoir été un bel enf****, et mon chat sans qui rien n'aurait été possible.